Prévention diversifiée
Face au VIH et autres infections sexuellement transmissibles (IST), de nombreux moyens de prévention existent. Chacun·e peut choisir le ou les modes de prévention les mieux adaptés à son mode de vie et à ses pratiques.
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Comment le VIH se transmet-il ?
Le VIH se transmet soit :
- Par voie sexuelle lors d’un rapport non protégé. Le risque est le plus grand lorsqu’il y a pénétration (anale ou génitale). La transmission durant un rapport buccogénital est faible mais non sans danger.
- Par voie sanguine, soit lors d'injections de drogues avec des aiguilles et seringues infectées mais aussi lors de soins médicaux réalisés avec du matériel mal ou non stérilisé.
- De la mère à l’enfant lors de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement.
En revanche on ne peut pas être infecté par le VIH en embrassant, via un éternuement ou une toux…
Il est important d’insister sur le fait qu’une personne séropositive avec une charge virale indétectable ne transmet pas le VIH.
C’est à dire : INDÉTECTABLE = INTRANSMISSIBLE
Comment se protéger du VIH ?
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Le préservatif
Le préservatif est le moyen le plus connu pour se protéger efficacement contre le VIH et la plupart des IST. Il existe des préservatifs externes, dits « masculins », et des préservatifs internes dits « féminins ». Dans les deux cas, ils ne sont efficaces que s’ils sont utilisés correctement pour toute pénétration. Ils doivent être utilisés avec du gel lubrifiant à base d’eau ou de silicone, et surtout pas de matière grasse.
Certaines marques de préservatifs sont prises en charge à 100% par la sécurité sociale pour les moins de 26 ans, demandez-les en pharmacie ou demandez à votre médecin de vous les prescrire.
Le dépistage
Le dépistage est également un moyen de prévention, dans le sens où il permet de connaître son statut sérologique. Ainsi, en cas de découverte de séropositivité, vous pourrez être mis rapidement sous traitement antirétroviral et ainsi vous ne risquez plus de transmettre le virus. Tout est fait pour faciliter l’accès au dépistage et vous avez plusieurs possibilités :
- Le test en laboratoire d’analyses médicales ou en centre gratuit d’information de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Depuis le 1er juillet 2019, le dépistage se réalise sans frais, sans ordonnance et sans rendez-vous dans les laboratoires d’analyses médicales.
- Le dépistage rapide à l’aide d’un TROD (test rapide d’orientation diagnostique) proposé par les associations.
- L’autotest que vous pouvez acheter en vente libre en pharmacie (pour plus d’informations, contacter Sida Info Service au 0 800 840 800).
Quand dois-je aller me faire dépister ?
Le dépistage du VIH est recommandé :
- Tous les 3 mois si vous avez plusieurs partenaires sexuelles,
- Tous les ans si vous êtes usager·ère de drogues injectables,
- Dès que vous avez un doute,
- Dès que vous apprenez qu’il y a un risque d’infection au VIH :
- Si c’est dans les 48h après le rapport à risque rendez-vous aux urgences pour démarrer un TPE (traitement post-exposition),
- Sinon, pour un dépistage en laboratoire il faut attendre 6 semaines après le rapport à risque,
- Et pour un test rapide (TROD ou autotest) les résultats sont fiables si le risque date de 3 mois ou plus.
Le matériel à usage unique
Le matériel à usage unique, disponible dans les pharmacies et les associations permet aux usager·ères de drogues d’éviter les contaminations sanguines.
La PrEP
La PrEP est un traitement médicamenteux préventif qui protège d'une infection par le VIH, disponible depuis 2016. La PrEP est prise en charge à 100 % par la sécurité sociale et peut vous être prescrit par votre médecin traitant, un·e gynécologue ou tout autre spécialiste ou gratuitement en CeGIDD.
La PrEP s’adresse à toutes les personnes qui se sentent exposées au risque d’infection par le VIH, mais certaines populations sont plus exposées que d’autres :
- Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH),
- Les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes,
- Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne (en particulier les femmes précaires),
- Les travailleur·euses du sexe,
- Les usager·ères de drogue par voie intraveineuse.
Vous prenez la PrEP ? Actions Traitements a développé AT PREP une application de suivi disponible gratuitement sur le Play Store et l'App Store.
Retrouvez toutes les informations sur la PrEP dans notre infocarte disponible gratuitement en français, anglais et en espagnol.
Le TPE
Le traitement post-exposition, TPE, ou traitement d’urgence, consiste en une prise d’une trithérapie anti-VIH pendant un mois. L’objectif est d’empêcher l’éventuelle infection par le VIH en bloquant immédiatement la réplication du virus. Il est prescrit par un médecin après un risque d’exposition au VIH, c’est à dire :
- Après un rapport sexuel non protégé par un préservatif, la PrEP ou le TasP
- Après une blessure avec des objets souillés de sang ou de sperme
- En cas de rapport sexuel non consenti
- En cas de partage de matériel d’injection lors de consommation de drogue par injection
Pour être efficace, un TPE doit être commencé :
- De préférence moins de 4 heures après le rapport à risque,
- Au maximum, dans les 48 heures après le rapport à risque.
Plus le TPE est pris tôt, plus il est efficace et moins il y a de risque que le VIH se développe.
Pour trouver l’hôpital le plus proche de chez vous, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800. À l’hôpital, ou en CeGIDD, le médecin évalue le risque que vous ayez été en contact avec le VIH. S’il estime qu’il y a un risque, il prescrira une trithérapie d’abord pour une durée de trois à cinq jours. Vous devrez ensuite reprendre rendez-vous pour une nouvelle consultation avec un médecin spécialiste du VIH. Si la nécessité du traitement TPE est confirmée, le médecin vous donnera alors une ordonnance pour 30 jours de traitement.
Pour plus de détails sur le TPE, consultez ou commandez gratuitement notre dépliant « Bien prendre son TPE ».
Indétectable = Intransmissible ou I = I
Le traitement d’une personne séropositive est un moyen efficace de protéger ses partenaires contre le VIH. C’est ce qu’on appelle le TasP : en anglais « treatment as prevention », en français « le traitement comme moyen de prévention ». On le retrouve aussi écrit comme Indétectable = Intransmissible ou I = I. Ce traitement a deux objectifs principaux :
- Développer les cellules du système immunitaire chargées de lutter contre les virus, les CD4.
- Réduire la charge virale (quantité de virus dans le sang) à un niveau tellement bas qu’elle est dite indétectable.
En maintenant sa charge virale à un niveau indétectable, une personne vivant avec le VIH NE PEUT PAS transmettre le virus à son, sa ou ses partenaires séronégatif·ves.
CHRONOLOGIE : PLUS DE 15 ANS DE PREUVES SCIENTIFIQUES
Cette révolution scientifique a été démontrée pour la première fois en 2007, puis confirmée par de nombreuses études menées auprès de couples sérodifférents (une personne séronégative + une personne séropositive). Détail ci-dessous :
L'avis suisse du Pr. Hirschel, 2007-2008
RAPPORT, publié le 1er décembre 2007, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, et diffusé plus largement à partir de 2008. Le Pr Bernard Hirschel annonce (preuves à l'appui) que les personnes vivant avec le VIH, avec une charge virale indétectable (grâce au traitement ARV) et sans autre IST, ne peuvent pas transmettre le VIH par voie sexuelle. IMPORTANT : beaucoup de médecins, chercheur·ses et même des associations, ont accueilli cette nouvelle avec prudence. Si cet avis marque un tournant dans la perception du risque de transmission du VIH par les personnes séropositives, il insinuera aussi le doute, car on parle alors d'un risque "très faible" ou "quasi nul" de transmission.
L'étude HPTN052, 2011
ÉTUDE menée en Afrique, en Asie et aux États-Unis auprès de couples sérodifférents (l'un·e des partenaires est séropositif·ve, l'autre séronégatif·ve). L'étude devait durer jusqu'à 2015, mais les résultats préliminaires étaient tellement bons qu'elle a été arrêtée précocement et les résultats ont été présentés en 2011. OBJECTIF : évaluer l'efficacité de la mise sous traitement immédiate du/de la partenaire séropositif·ve versus la mise sous traitement quand le nombre de CD4 (défenses immunitaires) passait sous la barre des 250. AU TOTAL : l'étude a été menée auprès de 1 763 couples sérodifférents. RÉSULTAT : l’essai HPTN 052 a démontré que la mise sous traitement antirétroviral précoce réduisait de 96 % la transmission du VIH ! Cette étude a été considérée comme la plus importante en 2011 et a permis de confirmer le TasP, c'est à dire que le traitement des personnes séropositives est un moyen de protection efficace pour les personnes séronégatives.
L'étude PARTNER 1, 2014
ÉTUDE internationale menée auprès de couples sérodifférents (principalement hétérosexuels) pendant 4 ans, dont les résultats ont été publiés en 2014. IMPORTANT : le ou la partenaire séropositif·ve prenait un traitement antirétroviral et avait une charge virale indétectable, soit inférieure à 200 copies/ml de sang (d'après la norme internationale*). OBJECTIF : étudier le nombre de transmissions du VIH, lors de rapports sexuels non-protégés par le préservatif. AU TOTAL : plus de 44 500 rapports sexuels ont été "étudiés". RÉSULTAT : ZÉRO transmission du VIH entre partenaires sérodifférents, après de multiples rapports sexuels sans préservatif !
*En France, grâce à des techniques de pointes, on considère que la charge virale (d'une personnes séropositive) est INDÉTECTABLE quand elle est inférieure à 50 copies de virus par millilitre de sang. Au niveau international, l'OMS considère qu'une charge virale est indétectable dès qu'elle est inférieure à 200 copies de virus par millilitre de sang (d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
L'étude PARTNER 2, 2018-2019
ÉTUDE internationale menée auprès de couples homosexuels sérodifférents pendant 4 ans, dont les résultats ont été publiés en 2018. IMPORTANT : le partenaire séropositif prenait un traitement antirétroviral et avait une charge virale indétectable, soit inférieure à 200 copies/ml de sang (d'après la norme internationale). OBJECTIF : étudier le nombre de transmissions du VIH, lors de rapports sexuels non-protégés par le préservatif ou par la PrEP. AU TOTAL : plus de 75 000 rapports sexuels ont été "étudiés". RÉSULTAT : ZÉRO transmission du VIH entre partenaires sérodifférents, après de multiples rapports sexuels sans préservatif ! C'est une nouvelle confirmation de l'efficacité du traitement des personnes séropositives, comme moyen de protection pour les personnes séronégatives.
L'Organisation mondiale de la santé - OMS, 2023
DIRECTIVES : L'OMS a publié des nouvelles directives en juillet 2023, à l'occasion du congrès AIDS 2023 qui se tenait à Brisbane en Australie. OBJECTIF : insister sur l'importance de la suppression de la charge virale (quand la charge virale est indétectable), dans l'amélioration de la santé des personnes séropositives et l'arrêt de la transmission du VIH. IMPORTANT : au niveau mondial, l'OMS considère que la charge virale d'une personnes séropositive est indétectable, quand elle est inférieure à 200 copies/ml de sang. En France ce seuil est plus bas (parce que les techniques d'analyse le permettent) et la charge virale est indétectable quand elle est inférieur à 50 copies / ml de sang. CONCRÈTEMENT : une personnes vivant avec le VIH, sous traitement efficace (aka : avec une charge virale indétectable) NE PEUT TRANSMETTRE LE VIH ; cela signifie qu'il n'y a aucun risque de transmission, tant que la charge virale reste inférieure à 200 copies/ml.
Grâce à l’effet protecteur de la charge virale indétectable, les personnes vivant avec le VIH peuvent avoir une vie affective et sexuelle épanouie. Elles n’ont plus à avoir peur de transmettre le VIH à leurs partenaires. I = I permet de changer le regard qu’on porte sur les personnes séropositives et de lutter activement contre leur stigmatisation.
PS : pour METTRE FIN À L'ÉPIDÉMIE DE VIH, il est primordial que toutes les personnes "porteuses" du VIH connaissent leur statut sérologique. Pour cela le DÉPISTAGE régulier, selon les pratiques, est essentiel. Aujourd'hui, les personnes qui transmettent le VIH sont celles qui ne se savent pas séropositives car elles ne se font pas dépister suffisamment régulièrement (d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)).




