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Source : france-assos-sante.org

Prix, valeur thérapeutique et accessibilité des médicaments : la société civile s’invite dans le débat public pour servir l’intérêt général

Face à l’augmentation considérable des prix des nouveaux médicaments au Sud comme au Nord, notamment ceux contre les cancers, l’hépatite C et certaines maladies rares, la société civile française se mobilise pour défendre l’accès aux meilleurs soins pour tou.te.s, et la sauvegarde de notre système de santé solidaire. Plusieurs organisations de personnes malades, d’usager.ère.s du système de santé, de professionnel.le.s de santé et d’étudiant.e.s se sont mobilisées pour rédiger unLivre blanc publié ce jour :

« Médicaments et progrès thérapeutique : garantir l’accès, maîtriser les prix ».

En s’appuyant sur un positionnement commun, nos 8 organisations ont rédigé 12 contributions rassemblées dans ce Livre blanc, qui a vocation à porter la parole de la société civile dans le débat public, à l’heure où le gouvernement s’apprête à recevoir les industriels le 9 juillet prochain, à l’occasion du Conseil stratégique des industries de santé.

Ces contributions répondent à deux préoccupations.

Un travail d’analyse et de proposition est indispensable pour dépasser les idées reçues

Nos différentes organisations, dans leurs champs d’expertise respectifs, ont constaté des dérives majeures au sein des politiques relatives aux médicaments. Elles ont dénoncé l’opacité des prix et de leurs déterminants, le manque de transparence des négociations entre l’État et les industriels, les conséquences budgétaires et financières périlleuses pour l’assurance maladie. Elles ont alerté les pouvoirs publics sur les menaces qui pèsent sur l’accès aux nouveaux traitements onéreux alors que des médicaments plus anciens subissent d’intolérables pénuries. Elles ont mis en cause un discours sur l’« innovation » justifiant avant tout des prix exorbitants, sans que cette notion ne soit véritablement définie, et sans qu’elle ne soit toujours garante d’une véritable amélioration du service médical rendu pour les premier.ère.s concerné.e.s : les personnes malades.

Fondés sur l’analyse de données publiques, de cas pratiques documentés, de réflexions sur la propriété intellectuelle, sur la recherche, sur les essais cliniques et sur la transparence, les textes réunis dans ce Livre blanc visent à apporter des informations complémentaires aux citoyen.ne.s, décideur.euse.s et élu.e.s sur les politiques relatives aux médicaments, et à dépasser certaines représentations trop souvent considérées comme des vérités admises et intangibles.

Transparence et démocratie sont indispensables au maintien d’un système de santé solidaire

L’inflation continue des prix des nouveaux traitements est une menace pour l’accès équitable aux soins et pour la pérennité de notre système de santé solidaire. En prenant ensemble la parole, nos associations, dans leur diversité, affirment que cela n’est pas une fatalité. Les innovations dont l’efficacité est prouvée doivent pouvoir être rendues accessibles et la pertinence de leurs usages garanties. Les prix doivent être mieux contrôlés afin que le progrès thérapeutique bénéficie d’abord aux personnes malades sans pour autant décourager l’innovation. Pour ce faire, nous exigeons une réelle transparence à tous les niveaux : de la recherche médicale et de son financement jusqu’à la fixation des prix des produits de santé et leur mise sur le marché, en passant par la transparence sur le niveau de progrès thérapeutique apporté par le produit de santé.

Nous souhaitons également être mieux associés aux échanges et réflexions sur les politiques du médicament. Nous demandons la tenue d’un débat véritablement démocratique. Ce débat démocratique doit être structuré à partir d’une exigence que toutes nos associations partagent : sur le fondement de prescriptions médicales justifiées uniquement par l’état de santé, notre système de santé solidaire doit garantir l’accès au progrès thérapeutique à toutes celles et ceux qui en ont besoin.

Source : franceguyane.fr

Après le congrès européen de l’infectiologie en mars à Madrid, une dixaine de praticiens et deux infirmiers du centre hospitalier Andrée-Rosemond (Char) se sont rendus aux 19es journées nationales d’infectiologie (JNI) du 13 au 15 juin à Nantes.

Ils ont présenté leurs recherches à l’occasion de cet évènement qui réunit des infectiologues de France et du monde francophone, mais aussi des biologistes, des épidémiologistes…

Rencontre avec le docteur Loïc Épelboin, en poste depuis sept ans au Char.

Comme se positionne le Char par rapport à l’infectiologie ?

C’est un de ses pôles d’attractivité. Ça fait quelques années qu’on présente nos recherches en maladies infectieuses et tropicales et cette année on était particulièrement représenté aux Journées nationales de l’infectiologie, à Nantes, avec onze présentations orales sur les trois jours. J’ai par exemple fait une présentation des meilleures publications en maladies infectieuses et tropicales aux Antilles-Guyane. Au Char on publie beaucoup de recherches mais on est très peu visible sous cet angle-là.

Quel est l’intérêt de participer à ces journées ?

Ça sert déjà à montrer que la Guyane est à la pointe d’une recherche qui se fait dans toute la région amazonienne et que nous sommes leaders à l’échelle régional. Ça permet aussi de nous donner de la visibilité car la médecine tropicale se perd énormément dans l’Hexagone. Ça montre donc aux chercheurs l’intérêt de faire de la recherche ici et aux plus jeunes l’intérêt de venir exercer et de faire du soin chez nous. La nouveauté, cette année, c’est aussi qu’il y avait deux infirmiers de l’hôpital de Cayenne qui ont présenté leur travail : l’un sur le VIH, l’autre sur le paludisme.

Quelles sont les maladies sur lesquelles le services d’infectiologie du Char travaille ?

Le VIH, la leptospirose, les morsures de serpent, la rage, le zika, le paludisme, l’histoplasmose, etc. On travaille aussi sur la fièvre Q, une infection bactérienne qui donne des infections pulmonaires. On a le nombre de cas rapporté à la population le plus élevé au monde en Guyane. On sait que dans l’Hexagone ça vient du bétail mais ici on ne sait pas. On en a retrouvé une fois chez un paresseux, une fois chez un cabiaï, mais il y a beaucoup de mystères autour de cette maladie.

Comment la recherche se met en place à l’hôpital ?

Il y a le centre d’investigation clinique dont l’essence est de faire de la recherche. Il y a ensuite les laboratoires hospitalo-universitaire de parasitologie et de micologie et aussi d’immunologie et enfin il y a des services cliniques comme le nôtre ou celui de pédiatrie, etc. Dans ces services nous sommes au départ des cliniciens, donc orientés vers le soin, mais on a aussi une balance universitaire. On fait donc aussi de la recherche à partir des maladies qu’on soigne.

Et concrètement quel est le procédé pour étudier une maladie en particulier ?

Je suis clinicien et je me demande par exemple si tous les gens qui viennent pour de la fièvre aux urgences n’aurait pas la leptospirose. Je vais alors demander au laboratoire de faire systématiquement le test pour la recherche de la maladie chez ces patients. Je vais avoir besoin d’aide en terme de calcul statistique donc je vais m’adresser au centre d’investigation clinique. Je peux aussi demander de l’aide aux collègues de l’institut Pasteur ou de l’agence régional de santé. Quand on a étudié la leptospirose chez les humains, on a été contactés par l’Institut de recherche et de développement. Grâce à leurs prélèvements dans les flaques d’eau, etc on a mis en évidence, contrairement a ce qui avait toujours été dit, que la leptospirose était présente dans tous les milieux aquatiques en Guyane.

Deux prix pour un médecin et un infirmier du Char

Deux des quatre prix des meilleurs posters présentant les travaux de recherches en infectiologies, ont été remportés cette année aux JNI par des guyanais : celui du docteure Hoang pour ses recherches sur le VIH et celui d’Olivier Moriceau, infirmier coordinateur en recherche interventionniste, pour Palustop, une étude de recherche et de traitement visant à éradiquer le paludisme dans l’est de la Guyane.