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La très grande efficacité de la PrEP confirmée après une étude de trois ans.

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Source : Komitid

L’étude ANRS Prévenir, menée en partenariat avec AIDES, valide l’efficacité et la bonne tolérance en vie réelle de la PrEP au bout de trois années de suivi.

La Croi 2021, plus importante conférence scientifique sur le VIH, s’est tenue (en visioconférence) du 6 au 10 mars. Parmi les nombreuses communications et résultats d’essai, celle sur Prévenir, une étude de l’ANRS avec AIDES et le soutien de Sidaction, qui analyse l’efficacité de la PrEP (traitement préventif du VIH) au long cours, a été particulièrement commentée.

Prévenir, dont l’investigateur principal est le Pr Jean-Michel Molina, a démarré en mai 2017 dans plusieurs hôpitaux.

PrEP en continu ou à la demande

Plus de 3000 personnes en Île-de-France présentant de fortes vulnérabilités au VIH ont été suivies, afin d’évaluer l’efficacité et la tolérance de la PrEP, dont la forme générique a été utilisée à plus de 90 %. Presque la totalité des participants (98,5 %) était des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et 56 % utilisaient déjà la PrEP avant l’entrée dans l’étude. Près de la moitié des participants (49,5 %) a choisi de prendre la PrEP à la demande, c’est-à-dire avant et après les rapports sexuels, tandis que l’autre prenait la PrEP de façon continue (un comprimé tous les jours).

Les auteurs de l’étude constatent, après un suivi de 22 mois que l’incidence n’est que de un pour 1000 participants par année. Il y a eu en tout six contaminations par le VIH dans les groupes PrEP, toutes dues à une mauvaise observance du traitement préventif. Grâce à la PrEP, on a pu éviter 361 infections par le VIH.

Concernant les questionnements sur les effets indésirables, le Pr Molina s’est montré très clair dans une interview à Séronet.info : « Dans Prévenir, en trois ans de suivi chez 3 000 personnes, nous n’avons eu que trois arrêts définitifs pour des maux de ventre et des nausées. Ce sont des choses qui arrivent et l’effet sur les reins est minime. Les effets indésirables sont surtout des arguments utilisés par les détracteurs de la Prep. »

Les chercheurs ont noté au cours de l’étude une diminution du nombre moyen de partenaires chez les participants, mais une augmentation du nombre de rapports sexuels et de rapports sexuels sans préservatif, notamment chez ceux qui ne prenaient pas de PrEP avant d’entrer dans l’étude. Globalement, 18 % de la totalité des rapports sexuels ont été protégés par un préservatif.

L’étude Prévenir va être poursuivie pendant cinq ans et l’on va mettre l’accent sur la prévention des infections sexuellement transmissibles, qui sont encore nombreuses dans l’essai. Deux sous-études sont actuellement en cours dans le projet ANRS Prévenir : la première vise l’élimination de l’hépatite C par une stratégie de test and treat et la seconde, Doxyvac, évalue l’intérêt d’une prophylaxie post-exposition par la doxycycline et d’une vaccination contre le méningocoque B pour essayer de prévenir les infections à Chlamydia, syphilis et gonocoque.

« La PrEP à la demande, comme la PrEP en continu, représente donc, chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, une option très efficace de prévention de l’infection par le VIH », conclut le Pr Jean-Michel Molina dans le communiqué de l’APHP.

En France, la PrEP est entièrement prise en charge depuis fin 2015.

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