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Fièvre Jaune : un vaccin pour la vie ?

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Sources : www.jim.fr
Depuis le 1er février, la France accepte que les voyageurs à destination de la Guyane n’aient reçu qu’une seule injection du vaccin contre la fièvre jaune. Jusqu’ici, malgré la préconisation de l’OMS, les personnes devaient se refaire vacciner tous les dix ans.

Rappelons qu’en mai 2013, le groupe « SAGE » de l’OMS (groupe stratégique consultatif d’experts chargé des recommandations concernant les vaccins et produits biologiques) demandait la suppression des rappels vaccinaux décennaux du vaccin antiamarile,  vaccin obligatoire ou fortement recommandé pour de nombreux pays africains ou sud-américains. En effet, s’appuyant sur des données « très fiables », les experts ont affirmé que les échecs de ce vaccin sont extrêmement rares -« il donne en 30 jours une protection immunitaire efficace à 99% des sujets vaccinés »- et n’ont pas de relation avec le temps écoulé depuis la vaccination : les personnes pour lesquelles il n’a pas été assez efficace ont contracté la maladie dans les 5 ans qui ont suivi leur vaccination. Le rappel à 10 ans, établi par l’actuel règlement sanitaire international (RSI), ne semble alors pas avoir d’intérêt.

La France a pris son temps

Les modifications apportées au RSI, prenant en compte le fait qu’ « une seule dose de ce vaccin suffit », selon le site de l’OMS, entreront en vigueur en juin 2016. L’analyse actualisée des zones à risque de fièvre jaune sera aussi l’objet d’un groupe de travail avec les pays endémiques. Depuis mai 2015, les pays qui le souhaitent peuvent déjà appliquer ce nouveau règlement, et de nombreux pays s’y sont mis, y compris en Afrique*. La France, elle, a attendu ce mois de février pour le faire…Cette petite révolution est une bonne nouvelle globalement pour les dépenses de santé, mais présente des côtés négatifs.

Revers de la médaille

D’abord, le RSI, instrument juridique de la sécurité sanitaire mondiale, qui a force d’obligation sur 196 pays, n’empêche pas de se pencher sur les cas individuels. C’est pourquoi les médecins s’interrogent sur l’universalité de cette décision et l’OMS reconnaît qu’il reste à déterminer les groupes « à risque » (d’inefficacité du vaccin), tels les nourrissons ou les personnes porteuses du VIH, qui auraient peut-être intérêt à recevoir une dose de rappel. Autre aspect délétère : déjà vacciné il y a très longtemps, on pourra partir sans avis spécialisé, notamment dans la région africaine. Or l’intérêt de l’ancien règlement était le passage obligatoire en centre de vaccination internationale permettant de délivrer aux personnes une information actualisée et personnalisée sur les risques de leur voyage et les moyens de leur prévention.

Dr Blandine Esquerre

Copyright © http://www.jim.fr

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