menu

Notre actualité

Brèves

Semaine de la santé sexuelle : améliorer la prévention des IST auprès des jeunes

Mise à jour :

Source (article présenté en intégralité avec l'accord de son auteur) : Destination Santé 

 

À l’occasion de la Semaine de la santé sexuelle (1er–7 juin), un constat s’impose : les jeunes adultes restent insuffisamment sensibilisés aux papillomavirus humains (HPV). Pourtant, il s’agit de l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente : plus de 8 personnes sur 10 seront infectées au cours de leur vie. En France, les HPV sont responsables de 7 130 cancers chaque année, dont près d’un tiers concerne des hommes. Face à ce risque encore largement sous-estimé chez les jeunes adultes, la prévention repose sur deux leviers complémentaires : la vaccination et le dépistage du cancer du col de l’utérus.

Les 15–26 ans, un angle mort de la prévention

La Semaine de la santé sexuelle constitue un moment clé pour remettre la prévention des IST sur le devant de la scène. Chez les jeunes adultes, certaines infections comme la chlamydia, la gonorrhée ou la syphilis connaissent une recrudescence ces dernières années. Pourtant, les 15-26 ans restent peu ciblés, alors même qu’ils se situent au cœur de la circulation de ces infections. Leur perception du risque demeure faible et les connaissances encore approximatives, y compris sur des infections pourtant bien identifiées comme le VIH. Dans ce contexte, les papillomavirus humains (HPV), très fréquents et le plus souvent silencieux, restent eux aussi largement méconnus.

 

« Aujourd’hui, les jeunes de 15 à 26 ans restent clairement un angle mort en matière de prévention », constate Cédric Daniel, chargé de mission à l’association Action Traitement, engagée depuis plus de 35 ans dans la lutte contre le VIH, les hépatites et les IST. « Au cours des années 1990 et 2000, les grandes campagnes nationales de prévention occupaient une place importante dans l’espace public : télévision, radio, affichage, presse… Une visibilité qui s’est progressivement réduite. Pendant très longtemps, il y a eu des messages de prévention diffusés largement. Malheureusement, cela a un peu disparu », regrette Cédric Daniel.

 

Résultat : un déficit d’information persistant, auquel « s’ajoute une application encore insuffisante de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) prévue par la loi depuis 2001.Ce manque d’information favorise les idées reçues et une faible perception du risque chez les jeunes adultes. Beaucoup de personnes ne se considèrent pas à risque, alors que le simple fait d’avoir une sexualité active expose potentiellement aux IST, à l’image du HPV », souligne-t-il. Rappelons en effet que plus de 80 % des personnes ayant débuté une vie sexuelle seront exposées aux HPV au cours de leur vie.

 

Les HPV : des infections fréquentes, des cancers encore méconnus

Souvent asymptomatiques, les papillomavirus humains, virus très contagieux, restent largement sous-estimés. Pourtant, bien que la plupart des infections s’éliminent spontanément, certaines peuvent être à l'origine de cancers qui se développeront plus tard : cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de la vulve, du vagin ou encore de la sphère ORL. Un point reste particulièrement méconnu : les hommes sont eux aussi directement concernés, avec environ un tiers des cancers liés au HPV qui touchent des hommes.

 

Pour Cédric Daniel, cette perception encore très féminine du HPV s’explique notamment par l’histoire de la vaccination : « elle n’est recommandée pour les garçons que depuis 2021. Il est indispensable de renforcer les campagnes de sensibilisation vers les garçons et les jeunes hommes. À partir du moment où une personne a une sexualité active, elle est potentiellement porteuse d’un papillomavirus. Et les hommes comme les femmes sont concernés ». 

 

Vaccination et dépistage : deux réflexes complémentaires

Face aux HPV, la prévention repose sur deux piliers complémentaires :

-        la vaccination, recommandée à partir de 11 ans chez les adolescents avec possibilité de rattrapage jusqu’à 26 ans ;

-        le dépistage du cancer du col de l’utérus. Réalisé à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans, il permet de détecter précocement des lésions avant l’apparition d’un cancer.

 

« Le rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans reste encore peu connu du grand public, indique Cédric Daniel. On en a parlé au moment de l’annonce, mais cela ne suffit pas. Les messages doivent être récurrents pour que l’information s’installe durablement. Il existe également plusieurs freins persistants chez les jeunes adultes : faux sentiment de sécurité dans une relation stable, méconnaissance des modes de transmission ou encore protection partielle du préservatif contre le HPV. »

 

Afin de mieux toucher les 18–26 ans, Action Traitement mise notamment sur les réseaux sociaux, des contenus vidéo et des actions menées avec le collectif Demain sans HPV, qui réunit plusieurs associations engagées dans la prévention. « Nous essayons de diffuser des messages adaptés aux jeunes publics, notamment à travers des vidéos, des outils pédagogiques et des interventions dans les établissements scolaires », conclut Cédric Daniel.

 

Source :

-Vaccination Info Service – Infection à Papillomavirus Humains, dernière mise à jour le 07/08/25 - https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Infections-a-Papillomavirus-humains-HPV#:~:text=Les%20infections%20%C3%A0%20Papillomavirus%20humains%20(HPV)%20sont%20tr%C3%A8s%20fr%C3%A9quentes%20et,d%C3%A9but%20de%20la%20vie%20sexuelle

- INCa – Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), dernière mise à jour le 12/08/25 - https://www.cancer.fr/toute-l-information-sur-les-cancers/prevenir-les-risques-de-cancers/vaccination-contre-les-cancers-hpv

- INCa - Se protéger contre plusieurs cancers grâce à la vaccination HPV : un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. 7 janvier 2026. Se protéger contre plusieurs cancers grâce à la vaccination HPV : un rattrapage possible jusqu’à 26 ans

- Consulté le 24/02/2026 - Santé Publique France – Infections à papillomavirus : la maladie. Juin 2019. Disponible sur : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-a-prevention-vaccinale/infections-a-papillomavirus/la-maladie/#tabs – Consulté le 16/01/2026.

- https://www.santepubliquefrance.fr/index.php/en/infections-sexuellement-transmissibles/vihsida/national-bulletin/hiv-and-bacterial-stis-france-2024-report?utm_source=chatgpt.com - ECDC, Bacterial STIs reach record highs in Europe, and congenital syphilis cases nearly double; 21/05/2026

 

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche

Ref photo : sante-sexuelle-AnnaStills

© AnnaStills/Shutterstock.com