menu

Notre actualité

Brèves

VIH : l’épidémie repart à La Réunion

Mise à jour :

L’essentiel

Forte augmentation des nouveaux cas de VIH à la Réunion : de 38 en 2022 à plus de 100 en 2024.
Influence du contexte épidémiologique régional (Madagascar, Maurice, Seychelles, Mayotte).
Baisse du pourcentage de charges virales indétectables : 87 % en 2024 contre 93 % trois ans plus tôt.
Méconnaissance de la PrEP et du TPE dans plusieurs populations à risque.

Source :  SIDACTION 

 

 

Une hausse inédite des cas de VIH depuis trois ans

38 nouveaux cas de séropositivité dépistés en 2022. L’épidémie de VIH était « plutôt tranquille » à la Réunion aux dires d’acteurs locaux de la lutte contre le virus. Un nombre de patients stable, une population vieillissant avec le VIH bien accompagnée, des taux de dépistage au-dessus de la moyenne nationale. A la Réunion, île volcanique et département français où vivent plus de 900 000 personnes dans l’océan Indien, le VIH n’était plus un sujet d’inquiétude majeur.

Il le redevient. 59 nouveaux cas en 2023. 101 en 2024. Les découvertes de séropositivité ont presque triplé en seulement deux ans ! L’ARS (agence régionale de santé) a beau prévenir que les données de Santé publique France (SpF) pour 2024 ne sont pas définitivement stabilisées : « l’exhaustivité des transmissions des déclarations obligatoires étant en forte baisse pour les données de 2024 », la tendance est bien là. Les derniers chiffres pour 2025 annoncent plus d’une centaine de nouveaux cas dépistés sur l’année, décrivant une forme de stabilisation à ce niveau élevé.

Le contexte épidémiologique régional : un facteur déterminant

« Une partie de cette augmentation s’explique par le contexte régional de l’océan Indien », répond Dr Catherine Gaud. Cette médecin pédiatrique et immunologiste est témoin de l’épidémie depuis plus de 35 ans dans la région. Elle a présidé le CISIH à sa création, puis le COREVIH [i] jusqu’à sa dissolution en mars 2025.

« Au niveau régional, les nouvelles infections diminuent en Afrique du Sud-Est, mais il n’en est pas de même pour l’océan Indien », précise-t-elle. A commencer par Madagascar où « la situation est apocalyptique », pour reprendre les mots du Dr Gaud, qui partage quelques données sur la situation sanitaire de la Grande île et ses 30 millions d’habitants. Entre 2010 et 2023, les décès liés au sida y ont augmenté de 279 %. Dans les districts du Nord, la séroprévalence est de 10 %. Faute de moyens, seules 32 % des femmes enceintes sont dépistées, et parmi elles, 7,2 % sont séropositives.

A l’île Maurice aussi, la situation sanitaire n’est pas bonne. Dans un contexte de forte stigmatisation, 549 personnes ont été diagnostiquées séropositives en 2024 sur une population totale de 1,2 million d’habitants, partage Dr Gaud. Aux Seychelles, la prévalence des usagers de drogue est de l’ordre de 10 %, décrit-elle. Et sur l’île française de Mayotte qui entretient des liens forts avec la Réunion pour la prise en charge médicale, « l’épidémie est sous-estimée ».

La Réunion a beau être une île française, son ancrage géographique dans l’océan Indien commence à peser sur sa situation sanitaire. « Depuis deux ans, nombre de Réunionnais sont contaminés dans ces pays. Neuf patients sont sûrs d’avoir été contaminés par des relations sexuelles à Madagascar ou Maurice. Et 30 % des personnes qu’on découvre séropositives disent avoir eu des relations sexuelles dans un des pays de la COI (commission de l’océan Indien) », commente Dr Gaud [ii].

 

Pour découvrir la fin de cet article cliquez ici : SIDACTION