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Une augmentation des tarifs hospitaliers qui pénalise les plus fragiles
Mardi 24 février, un projet a été présenté lors d'une réunion à la Caisse nationale d'Assurance-maladie (Cnam) : le gouvernement compte augmenter plusieurs tarifs à l'hôpital. Ce dernier escompte quelque 400 millions d'euros d’économie en 2026. La Sécurité sociale entend transférer ce coût vers les mutuelles, qui, elles-mêmes, pourraient les répercuter sur leurs adhérents-es.
Source : AIDES
Pour faire économiser 450 millions d'euros à la Sécurité sociale, plusieurs « forfaits » facturés aux patients-es lors d'une hospitalisation ou d'un passage aux urgences vont être augmentés par le gouvernement dès le 1er mars. C’est ce qu’a annoncé lundi 23 février le ministère de la Santé.
Qu’est-ce qui va augmenter ?
Le « forfait journalier hospitalier », montant laissé à la charge des personnes hospitalisées au titre des « frais d'hébergement et d'entretien », passera, à compter du 1er mars 2026, de 20 à 23 euros par jour. Ce forfait n’avait pas été augmenté depuis 2018. En cas d'hospitalisation dans un service de psychiatrie, le forfait qui était fixé jusqu’à présent à 15 euros par jour passera à 17 euros. De son côté, le « forfait patient urgences » (FPU), facturé pour une personne qui passe aux urgences sans être hospitalisée, passera, lui, de 19,61 euros à 23 euros. Ces augmentations sont donc comprises entre deux et près de quatre euros, soit un très nette hausse.
Une autre augmentation prévue en avril 2026
Programmée par le gouvernement au 1er avril 2026, elle concernera, cette fois-ci, la « participation forfaitaire ». Celle-ci est facturée en cas de soins lourds et coûteux ― notamment ceux dont le prix dépasse 120 euros. Son montant était de 24 euros, il passera à 32 euros, soit une hausse de huit euros.
Qui paiera ces forfaits ?
Ces montants ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie. En revanche, ils sont presque systématiquement pris en charge par les complémentaires Santé, tout particulièrement dans le cadre des « contrats responsables ». Il s’agit du contrat-type soutenu fiscalement par l'État et plébiscité par les compagnies d’assurance et les patients-es. Reste que près de 4 % des Français-ses, soit 2,5 millions de personnes, ne disposent pas de complémentaire selon la Direction statistique des ministères sociaux (Drees). Ils-elles doivent donc s'acquitter eux-elles-mêmes de cette hausse des forfaits. Ce chiffre grimpe à 12 % pour les 10 % de Français-es les plus précaires.
Dans un communiqué, le syndicat Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) critique sévèrement cette décision. « Dans ce contexte, l’augmentation des forfaits hospitaliers est une décision profondément injuste et socialement irresponsable. Elle frappe les assurés sociaux les plus fragiles : celles et ceux qui ne disposent pas d’une complémentaire santé ou qui n’ont pas les moyens financiers d’en souscrire une (…) Pour ces publics, cette hausse n’est pas un simple ajustement tarifaire : c’est une barrière supplémentaire à l’accès aux soins. Le gouvernement ne peut pas ignorer les conséquences de ses choix. Les données sont connues, les alertes se multiplient, les inégalités sont documentées. Pourtant, rien ne change. Pire, les décisions prises aggravent les fractures sociales et sanitaires existantes. »
Par ailleurs, le communiqué souligne un autre point : « Affirmer que les complémentaires santé absorberont l’augmentation des forfaits hospitaliers relève du mensonge. Chacun sait que cette hausse sera mécaniquement répercutée sur les cotisations. Une fois de plus, ce sont les assurés qui paieront la facture — toujours les mêmes : les plus modestes. Pour l’UNSA, cette situation est inacceptable. La santé ne peut pas devenir un luxe réservé à celles et ceux qui ont les moyens. En augmentant les forfaits hospitaliers, le gouvernement organise le renoncement aux soins et tourne le dos aux principes de solidarité qui fondent notre système de protection sociale. »
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