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La CROI 2026 a surtout confirmé l’efficacité des stratégies actuelles

Mise à jour :

La Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) s’est tenue à Denver (Colorado) fin février. Pour cette édition 2026, pas de grande révolution mais des données ayant permis de préciser les forces et les limites des stratégies actuelles de lutte contre le VIH et autres co-infections… Le point avec Jean-Michel Molina, professeur d’infectiologie à l’université de Paris-Cité et chef du service de maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Louis et de l’hôpital Lariboisière (AP-HP).

Source: LE QUOTIDIEN DU MEDECIN 

 

Dans quelle mesure les résultats présentés à la CROI 2026 pourraient faire évoluer les pratiques dans la lutte contre le VIH ?

Au regard des récentes coupes budgétaires enregistrées dans la lutte mondiale contre le VIH et d’autres maladies infectieuses, on craignait de constater lors de cette CROI une perte de la mobilisation de la communauté scientifique et médicale. Mais la participation est finalement restée aussi importante qu’habituellement ; la communauté médicale reste soudée autour de la lutte contre le VIH et les autres maladies infectieuses.


Cela étant dit, je ne suis pas certain que les études présentées cette année modifieront beaucoup les pratiques : ce congrès a surtout confirmé l’efficacité des stratégies actuelles.

Beaucoup de données portaient sur les traitements à longue durée d’action…

Oui, en particulier dans la prévention du VIH, où diverses données concernant la prophylaxie pré-exposition du VIH (PrEP) ont été présentées. Comme les résultats définitifs des essais Purpose 1 et Purpose 2 consacrés à la PrEP par lénacapavir avec une injection tous les six mois. Si l’efficacité reste très bonne, on commence à apercevoir de premières limites car quelques cas de contamination ont été recensés avec émergence de résistance. À noter par ailleurs que dans la mesure où le lénacapavir pourrait également être utilisé comme traitement du VIH, l’apparition de résistances est un point à surveiller.

Toujours concernant la PrEP, j’ai présenté les nouveaux résultats de l’étude ANRS Prevenir, qui évaluait sur huit ans en région parisienne une PrEP orale quotidienne ou à la demande. Finalement, cette PrEP orale s’avère extrêmement efficace, avec une incidence du VIH sous PrEP semblable à celle observée avec les PrEP injectables. Cependant, les PrEP injectables présentent des avantages chez les personnes inéligibles ou insuffisamment observantes à la PrEP orale, chez qui on peut espérer atteindre une meilleure couverture des actes sexuels. D’autant que le cabotégravir intramusculaire vient d’être mis à disposition en France pour la PrEP avec des injections intramusculaires tous les deux mois.

À noter qu’une autre PrEP orale à longue durée d’action (MK-8527), à prendre une fois par mois, a fait parler d’elle. Mais seules des données préliminaires de pharmacocinétique ont été présentées.

En fait, l’objectif est de proposer plusieurs options de PrEP pour toucher davantage de personnes. Par exemple, en France, on observe une augmentation des diagnostics de VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) lorsqu’ils sont nés à l’étranger et chez les personnes trans – alors même qu’on enregistre une réduction de près de 30 % des diagnostics de VIH chez les HSH nés en France. Et très peu de personnes hétérosexuelles, hommes ou femmes, prennent la PrEP. On espère que les PrEP injectables à longue durée d’action conviendront davantage à ces publics.

 

Pour découvrir la fin de cet article cliquez ici : LE QUOTIDIEN DU MEDECIN