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Transplantation rénale chez les personnes vivant avec le VIH : un surrisque infectieux modéré

Mise à jour :

Une analyse révèle une association significative entre le statut sérologique du donneur et le délai de survenue d’infection, mais sans impact sur les infections graves nécessitant l’hospitalisation.

Source : vih.org

En France, la transplantation rénale entre donneurs et receveurs séropositifs (D+/R+) est possible depuis juillet 2021 grâce à la mobilisation des associations comme le TRT-5 CHV, et elle a permis une douzaine de greffes entre 2022 et 2024. Aux États-Unis, elle s’est développée depuis 2013 et l’adoption du HIV Organ Policy Equity (HOPE) Act. Une étude secondaire de l’essai «HOPE in Action», menée sur 198 transplantations, apporte des éléments rassurants, tout en identifiant certaines particularités infectieuses. 

Les chercheurs ont comparé 99 transplantations D+/R+ à 99 transplantations D-/R+ issues de 26 centres américains. Les receveurs devaient présenter un taux de CD4 supérieur à 200 cellules/µL et une charge virale indétectable. Les donneurs séropositifs ne devaient avoir aucune infection opportuniste active. Le critère principal évaluait le délai de survenue de la première infection cliniquement significative dans les 24 mois post-transplantation, définie selon les critères de la Swiss Transplant Cohort Study.

Résultats principaux
L’incidence cumulée d’au moins une infection à 24 mois atteignait 73,8% en D+/R+ contre 64,7% en D-/R+. Le hazard ratio ajusté de 1,44 (IC 95% : 1,01-2,04) traduit une association statistiquement significative entre le statut sérologique du donneur et la survenue précoce d’infection. Le pic d’infections survenait durant le premier mois post-transplantation : 34,9 pour 100 personnes-mois en D+/R+ contre 24,4 en D-/R+. Toutefois, aucune différence n’était observée concernant les infections nécessitant une hospitalisation, ce qui suggère que le surrisque concerne principalement des infections moins graves. Le nombre total d’infections et le taux global d’incidence ne différaient pas significativement entre groupes.

Les infections bactériennes dominaient dans les deux groupes (45% des infections en D+/R+, 56% en D-/R+), avec une prédominance d’Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae. Les infections à Clostridioides difficile concernaient 8% des receveurs, légèrement au-dessus des données habituelles, avec un nombre de cas plus élevé dans le groupe D-/R+ que dans le groupe D+/R+ (11 contre 5).

Les infections virales montraient une tendance non significative vers plus de cas en D+/R+ (40% versus 33%). Le SARS-CoV-2 prédominait dans les deux groupes. Les infections à cytomégalovirus (CMV) sont restées rares (11% versus 7% des infections virales). Le virus BK mérite une attention particulière : 28% des infections virales en D+/R+ contre 22% en D-/R+. Bien que la plupart correspondaient à des virémies sans néphropathie, 71% ont nécessité une réduction d’immunosuppression. Cette observation soulève l’hypothèse d’une transmission possible par le greffon.

Les infections opportunistes sont restées exceptionnelles et comparables (4% des infections dans chaque groupe), avec une prédominance d’infections herpétiques et de candidoses œsophagiennes. Les trois cas de sarcome de Kaposi sont survenus exclusivement en D-/R+, et sont probablement des cas de réactivation chez le receveur.

 

Pour découvrir la fin de cet article cliquez ici :  vih.org