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CROI 2026: Réponses stratégiques et résilientes à la crise du financement en Afrique
Lors d’un symposium consacré à la crise du financement de la lutte contre le VIH/sida en Afrique pendant la CROI 2026, l’ampleur des coupes américaine, mais aussi européennes, a été largement discutée: de 5,85 milliards de dollars en 2025, le PEPFAR ne disposerait plus que de 2,9 milliards en 2026. Parallèlement, le Fonds mondial n’a mobilisé qu’un peu plus de 11 milliards sur les 18 attendus, avec un recul notable des contributions allemande et française. Avec pour première conséquence, la désorganisation de la recherche VIH en Afrique.
Source : vih.org
Sustaining Successful HIV Programs Across Africa: The Impact of Shifts in Funding

Les programmes de lutte contre le VIH anciens et efficaces ont été fortement perturbés en 2025 par des changements organisationnels et de financement. La décroissance de l’incidence se voit dans toutes les populations, y compris clés, probablement lié à la bonne qualité des programmes ciblant ces populations. Les baisses attendues de l’aide internationale consacrée au VIH se sont accélérées, de même que les évolutions portant sur ce qui sera financé et sur les modalités de circulation des fonds.
La nouvelle stratégie de l’administration Trump concernant la santé internationale (America First Global Health Strategy) prévoit que les ressources nationales africaines se substituent progressivement aux financements des bailleurs, alors même que ces derniers continuent d’imposer des contraintes sur ce qui sera financé. Les USA essaient de finaliser des accords bilatéraux et actuellement, 15 pays ont signé ce programme qui prévoit une décroissance importante de la participation américaine, qui va de -70% (Rwanda) à -15% (Éthiopie). Cette nouvelle stratégie flèche les financements vers les produits de santé (commodities) et les personnels de santé de première ligne, mais pas vers la gestion, les systèmes et la surveillance. Mais les pays les plus touchés par les baisses de financement sont ceux-là mêmes qui financent le moins la santé au niveau national.
Le financement du PEPFAR était de 5,85 Mds en 2025, et seulement 2,9 Mds sont prévus en 2026, très corrélé à la prévalence du VIH dans les pays concernés. L’abondement du fonds mondial n’a pas été total non plus avec une ressource d’un peu plus de 11 Mds sur les 18 attendus, avec une forte diminution des participations allemandes et françaises. Comment mesurer l’impact de ces baisses de financement ? Les décès étant des marqueurs tardifs d’une mauvaise prise en charge, les taux de transmission mère-enfant seront les premiers marqueurs du recul.
Concernant la prévention, elle est essentielle, mais elle coûte cher, car elle touche un nombre important de personnes, beaucoup plus important que le nombre de personnes nécessitant un traitement antirétroviral.
Global Cuts, Local Consequences: Community Impact and Response to the HIV Funding Crisis

Les réductions mondiales des financements consacrés au VIH sont souvent abordées en termes de budgets et de projections, alors que leurs effets les plus précoces et les plus déterminants sont rarement visibles dans les données nationales ou les modèles.
Cette présentation examine à quoi ressemblent les coupes budgétaires au niveau des services, en s’appuyant sur des données multi-pays pour montrer comment la prévention et le traitement sont perturbés non seulement par les pénuries, mais aussi par la confusion, la fragilité des systèmes et la perte de confiance — parfois même lorsque les médicaments restent disponibles. Elle met en évidence pourquoi les services de prévention sont généralement les premiers à s’effondrer, comment cela augmente discrètement, en aval, les coûts cliniques et financiers, et pourquoi ces effets sont d’abord détectés par les communautés plutôt que par les systèmes formels de surveillance.
L’accès aux soins est toujours la pierre angulaire de la lutte contre le VIH, comme le montre le programme de Sierra Leone avant même les coupes américaines: 74% des patients ne recevaient pas le résultats de leur charge virale une fois celle-ci réalisée, et seulement 37% recevaient le résultat de leur charge virale dans les deux semaines suivant la réalisation de l’examen, le coût des transport – qui revient très souvent comme une barrière dans l’accès aux soins – étant le facteur le plus souvent mis en avant pour expliquer cette défaillance.
Les données produites par les communautés sont des sources essentielles, mais insuffisamment utilisées, d’informations en temps réel, en montrant comment la société civile a identifié précocement des défaillances de services, maintenu la continuité des soins et influencé les politiques et l’allocation des ressources lors de périodes de choc financier. Il est important de comprendre que les communautés voient les défaillances avant tout le monde.
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