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L'Actu vue par Remaides : Hépatite B : un nouveau traitement relance l’espoir d’une guérison fonctionnelle
Annoncé par le géant pharmaceutique GSK, le bepirovirsen ouvre une piste inédite dans le traitement de l’hépatite B chronique, longtemps considérée comme incurable. Si les premiers résultats d’essais cliniques de phase 3 suggèrent qu’une « guérison fonctionnelle » est possible chez une partie des patients-es, l’absence de données chiffrées appelle encore à la prudence. Explications.
Source : Aides
Un objectif longtemps jugé hors de portée
Selon les estimations les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 254 millions de personnes dans le monde vivaient avec une infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) en 2022. Une infection souvent silencieuse, mais qui peut, au fil des années, conduire à une cirrhose, voire à un cancer du foie. Contrairement à l’hépatite C, aujourd’hui guérissable, l’hépatite B résiste aux traitements actuels ; mais il existe une vaccination efficace. La raison ? Le virus s’installe durablement dans les cellules du foie : il intègre une partie de son matériel génétique dans l’ADN humain et conserve une forme très stable que les traitements actuels parviennent à contrôler, mais sans l’éliminer ; comme dans le cas du VIH.
Face à cette réalité biologique et clinique, les chercheurs-ses ont progressivement revu leurs ambitions. Plutôt qu’une disparition totale du virus, ils-elles visent actuellement une « guérison fonctionnelle ». La guérison fonctionnelle ou rémission correspond à un état de contrôle stable et durable de l'infection qui permettrait de vivre sans traitement et sans symptôme de la maladie malgré la persistance d'infimes traces de virus. Il ne s'agit pas d'une éradication ou d'une guérison virologique.
L’idée : réduire la charge virale de VHB (le virus responsable de l’hépatite B) et les protéines produites par le virus à un niveau si bas que le système immunitaire puisse garder le contrôle, sans traitement à vie. Aujourd’hui, les traitements disponibles, pris quotidiennement parfois pendant des décennies, n’atteignent cet objectif que chez moins de 1 % des personnes qui vivent avec une hépatite B chronique.
Bepirovirsen : un mécanisme inédit
Dans un communiqué publié le 7 janvier dernier, GSK, un des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux basé au Royaume-Uni, a présenté les premiers résultats de son nouveau traitement contre l’hépatite B. Le bepirovirsen (surnommé « bepi ») appartient à une nouvelle classe de médicaments : les oligonucléotides antisens. Ce sont des médicaments qui agissent directement au niveau du message génétique d’un virus ou d’une cellule. Pour faire plus simple, dans nos cellules, l’ADN sert de mode d’emploi, et l’ARN messager est la photocopie de cet emploi, envoyée à l’usine cellulaire pour fabriquer des protéines. Les oligonucléotides antisens sont de courtes chaînes synthétiques conçues pour se coller précisément sur cet ARN messager. Une fois fixés, ils bloquent le message : la protéine ne peut plus être produite. Dans le cas de l’hépatite B, l’idée est donc de saboter la chaîne de production du virus. En empêchant la fabrication de ses protéines, on freine sa multiplication et on le rend plus visible et plus vulnérable pour que le système immunitaire prenne le dessus. C’est une approche très ciblée, différente des traitements classiques qui agissent plutôt comme un frein général à la réplication virale. Injecté une fois par semaine, ce traitement agit donc comme un leurre moléculaire : il se fixe sur les messages génétiques du virus et empêche la fabrication de ses protéines, indispensables à sa survie.
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